CHRONIQUE 32

MARIANNE AU PAYS DU CRESSON.

Née de la réorganisation de la région parisienne décidée en 1964, l’Essonne possède une histoire politique aussi récente que mouvementée. Avant même l’entrée en fonction officielle du département, en 1968, ses élus cherchent à donner une cohérence à ce territoire composite. L’Union des maires de l’Essonne est créée dès le 3 mai 1966 : il faut rapprocher les banlieues populaires et industrielles du nord, les communes résidentielles proches de Paris, les futures villes nouvelles, le pôle scientifique de Saclay et les campagnes du Hurepoix, de la Beauce et du Gâtinais français.

Les élections législatives de mars 1967 donnent une première photographie de ce département encore en chantier. Malgré près de 650 000 habitants, l’Essonne ne compte que quatre circonscriptions, quand la Lozère, environ dix fois moins peuplée, élit deux députés. Le Parti communiste remporte trois sièges : Roger Combrisson à Corbeil-Montgeron, Pierre Juquin à Longjumeau-Massy et Robert Vizet à Limours-Palaiseau. Seul le gaulliste Michel Boscher conserve la circonscription d’Arpajon-Étampes. Déjà député de Seine-et-Oise et maire de sa commune natale, Évry-Petit-Bourg, il représentera le territoire à l’Assemblée nationale jusqu’en 1978.

Les premières élections cantonales, en septembre 1967, livrent pourtant un résultat inverse. Les modérés prennent la direction du conseil général et Pierre Prost, maire de Brunoy, en devient le premier président. Les vingt-sept conseillers généraux siègent alors à Corbeil-Essonnes, capitale politique provisoire, tandis qu’Évry s’apprête à devenir le centre administratif du nouveau département. L’assemblée est exclusivement masculine. Il faut attendre 1973 pour que Geneviève Rodriguez, maire communiste de Morsang-sur-Orge et élue du canton de Viry-Châtillon, y fasse entrer la première voix féminine.

L’Essonne naît donc sur un paradoxe durable : largement communiste dans sa représentation parlementaire, mais administrée par une majorité départementale modérée. Cette contradiction apparente reflète moins une incohérence qu’une géographie électorale déjà très marquée. Les grands ensembles, les secteurs industriels du nord, les villes résidentielles, les bourgs ruraux et les cantons du sud ne suivent ni le même rythme ni les mêmes fidélités.

Aux législatives de juin 1968, la vague gaulliste emporte provisoirement les trois sièges communistes. Jean-Claude Fortuit bat Roger Combrisson à Corbeil-Essonnes, Jacques Mercier réussit son parachutage face à Pierre Juquin et Léo Hamon prend sa revanche sur Robert Vizet à Palaiseau. Nommé en 1969 porte-parole du gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, Hamon inaugure la longue série des responsables essonniens appelés à exercer des fonctions ministérielles.

Cette période révèle aussi une caractéristique appelée à durer. Département neuf, proche de Paris et en pleine expansion démographique, l’Essonne attire les personnalités nationales en quête d’un mandat. Une investiture peut leur ouvrir la porte, mais seule une présence locale prolongée permet de la garder. Toute l’histoire politique essonnienne oscillera entre ces arrivées organisées par les partis et la force des implantations patiemment construites.

Le recul du PCF à l’Assemblée nationale ne l’empêche pas de renforcer son pouvoir municipal. Aux élections municipales de 1971, Ris-Orangis bascule avec Daniel Perrin et Jean-Loup Englander ouvre à Saint-Michel-sur-Orge une longue période de gestion communiste. Deux ans plus tard, lors des législatives de 1973, Roger Combrisson, Pierre Juquin et Robert Vizet retrouvent leurs sièges. Michel Boscher ne conserve le sien qu’au terme d’un duel difficile avec son adversaire communiste Serge Lefranc.

Le rapport de force change également au conseil général. Aux cantonales de 1976, la gauche progresse fortement : le communiste Robert Lakota, élu de Vigneux-sur-Seine, ravit la présidence à Pierre Prost, tandis que le Parti socialiste, jusque-là minoritaire, conquiert notamment Chilly-Mazarin, Saint-Germain-lès-Corbeil, Gif-sur-Yvette, Montgeron et Yerres.

Les municipales de 1977 portent l’union de la gauche à son sommet. Le PCF dirige alors trente et une communes. Son implantation dépasse largement les bastions ouvriers de Corbeil-Essonnes, Grigny, Fleury-Mérogis ou Vigneux-sur-Seine : Alain Blin conquiert Brétigny-sur-Orge, Gérard Lefranc Étampes, tandis que le communisme municipal s’affirme à Saclas, Pussay, Saulx-les-Chartreux, Lisses, Itteville, Saintry-sur-Seine ou Janville-sur-Juine. Cette extension tient autant aux réseaux militants et à la personnalité des maires qu’à la sociologie ouvrière.

Le Parti socialiste réalise lui aussi une percée décisive. À Évry, Claude Jeanlin détrône Michel Boscher, qu’il avait déjà battu aux cantonales de 1973. Le PS conquiert également la jeune commune des Ulis, Chilly-Mazarin, Montgeron, Étréchy et Yerres. Dans un univers encore très masculin, Morsang-sur-Orge demeure une singularité nationale : à partir de 1953, des femmes communistes s’y succèdent sans interruption à la mairie jusqu’à la victoire, en 2020, de la liste de droite conduite par Marianne Duranton.

Après l’élection de François Mitterrand, les législatives de juin 1981 font virer l’Essonne au rose. Le Parti socialiste gagne les quatre circonscriptions : Michel Berson, maire de Crosne, dans la première ; Jacques Guyard dans la deuxième ; Claude Germon dans la troisième ; Yves Tavernier, futur maire de Dourdan, dans la quatrième. Pierre Juquin et Robert Vizet sont battus, tandis que la droite et le communisme parlementaire cèdent ensemble devant la poussée socialiste.

L’alternance départementale intervient dès les cantonales de 1982. Après six années de présidence communiste, le RPR Jean Simonin, maire de Verrières-le-Buisson, fait basculer le conseil général à droite. Une nouvelle génération d’élus apparaît, parmi lesquels Alain Josse à Montgeron, Jean Coulombel à Étampes, Michel Conte à La Ferté-Alais, Raymond Hugonet à Limours, Michel Marcou à Ris-Orangis, Max Marest à Saint-Chéron et Gérard Nevers à Villebon-sur-Yvette. Michel Pelchat, élu en 1976 sous l’étiquette socialiste, rejoint la nouvelle majorité. Xavier Dugoin succède à Jean Simonin en 1988 et domine pendant une décennie la vie départementale.

Le Sénat suit une logique différente. Depuis le premier scrutin sénatorial propre à l’Essonne, en 1968, les grands électeurs y consacrent moins les poussées nationales que les réseaux locaux et la durée. Pierre Prost y siège d’abord aux côtés du communiste Louis Namy et du centriste Jean Colin. Au fil des renouvellements, Robert Vizet, Jean Simonin, Xavier Dugoin, Michel Pelchat, Jean-Luc Mélenchon, Serge Dassault, Claire-Lise Campion, Michel Berson, Vincent Delahaye, Jocelyne Guidez, Jean-Raymond Hugonet, Laure Darcos, Daphné Ract-Madoux ou David Ros illustrent cette diversité. La Haute Assemblée apparaît ainsi comme la chambre privilégiée des élus ayant consolidé leur influence dans les mairies, les intercommunalités et les cantons.

Les législatives de 1986, organisées à la proportionnelle départementale, introduisent une force nouvelle. Une liste intitulée « Rassemblement national », associant des candidats du Front national et du Centre national des indépendants, recueille 9,46 % des suffrages. Michel de Rostolan, membre du CNI, est élu. Longtemps tenu éloigné des exécutifs locaux, le Front national, devenu Rassemblement national, progressera ensuite par étapes dans les scrutins nationaux avant de conquérir directement une circonscription essonnienne en 2024.

À mesure que le département grandit, il devient une pépinière de responsables nationaux. Après Léo Hamon, Jacques Guyard, Marie-Noëlle Lienemann, Georges Tron, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Lamy et Manuel Valls entrent au gouvernement. Député-maire d’Évry, ce dernier devient ministre de l’Intérieur puis Premier ministre. L’Essonne offre à ces responsables un condensé des grands enjeux français : urbanisation rapide, transports, politique de la ville, recherche scientifique, développement économique, agriculture, ruralité et fractures sociales.

La proximité de Paris continue parallèlement d’alimenter les parachutages. Certains deviennent de véritables enracinements. Arrivé en 1988 dans la nouvelle dixième circonscription, Julien Dray conserve son mandat de député pendant vingt-quatre ans. Pierre Juquin, Jean-Luc Mélenchon, Manuel Valls ou Nathalie Kosciusko-Morizet réussissent eux aussi, avec des durées et des fortunes différentes, à convertir une investiture venue d’en haut en implantation politique. Bernard Pons, Jean de Préaumont, Malek Boutih ou Cédric Villani ne font qu’un passage plus bref ou échouent à transformer leur notoriété en attachement local durable.

Nicolas Dupont-Aignan constitue le cas le plus spectaculaire. Né à Paris et envoyé par le RPR à Yerres en 1995, il conquiert dès le premier tour une commune lourdement endettée. Son action municipale lui assure une fidélité électorale exceptionnelle, jusqu’à une réélection avec plus de 75 % des voix. Élu député de la huitième circonscription en 1997, il conserve son siège durant vingt-sept ans, malgré sa rupture avec l’UMP et la création de son propre mouvement souverainiste. Son parcours montre qu’un parachutage cesse d’en être un lorsque le temps, la présence et le bilan municipal ont fabriqué un lien réel avec le territoire.

Les municipales de 1995 bouleversent plusieurs bastions. À Étampes, Franck Marlin met fin aux dix-huit années de gestion communiste de Gérard Lefranc et installe une longue domination de la droite. À Corbeil-Essonnes, Serge Dassault met un terme à trente-six ans de pouvoir communiste. Avec Jean-Pierre Bechter, son successeur, il ouvre un règne d’un quart de siècle, puissant mais agité. À Viry-Châtillon, le jeune socialiste Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc Mélenchon, clôt plus de quarante ans de gestion centriste incarnée par Henri Longuet puis Jacques Chastel.

À la même époque, l’écologie politique commence à s’enraciner. À Janville-sur-Juine, dont il est maire de 1995 à 2014, Francis Chalot expérimente une écologie municipale associée à la démocratie locale. Cette sensibilité gagne progressivement les conseils municipaux, les intercommunalités puis le Parlement, où elle sera notamment représentée par Eva Sas et Jean-Vincent Placé.

En 1998, une sévère défaite cantonale de la droite permet à Michel Berson de ramener le conseil général à gauche. Il le préside pendant treize ans, avant de céder la place à Jérôme Guedj en 2011. En 2015, François Durovray rend le département à la droite. L’exécutif départemental résume ainsi les oscillations de l’Essonne : modéré à sa création, communiste au temps de l’union de la gauche, à droite pendant les années 1980 et 1990, socialiste de 1998 à 2015, puis de nouveau à droite.

Ces alternances touchent progressivement les anciennes forteresses municipales. Palaiseau, Brétigny-sur-Orge, Épinay-sous-Sénart, Saint-Michel-sur-Orge, Ris-Orangis ou Savigny-sur-Orge changent de camp. Les personnalités continuent de compter — Xavier Dugoin à l’échelle départementale, Georges Tron à Draveil, Jean Marsaudon, le « taureau de Savigny », dans sa commune — mais les affaires judiciaires, l’usure des équipes, les alliances locales et le contexte national fragilisent les positions que l’on croyait acquises.

À côté des responsables venus de l’extérieur, l’Essonne produit désormais ses propres générations d’élus. Michel Boscher est né à Évry-Petit-Bourg, Robert Vizet à Igny, René L’Helguen à Athis-Mons, commune qu’il dirige de 1959 à 1977 puis de 1983 à 1989. Jean-Louis Campredon et Jean-Jacques Boussaingault sont nés à Corbeil, Serge Lefranc à Boissy-la-Rivière. Dans les villages, l’enracinement prend parfois une dimension familiale : Henry Marcille administre durant près d’un demi-siècle son village natal de Bondoufle, comme plusieurs de ses ancêtres avant lui ; Jean-Pierre Vervant incarne à Lisses une continuité comparable.

Le parcours de François Lamy résume les deux faces de cette question. Natif de Brunoy, il réussit son implantation à Palaiseau, devient député-maire puis ministre. En 2017, son parachutage dans le Nord se solde par un échec : l’élu enraciné en Essonne découvre à son tour la fragilité d’une candidature dépourvue d’attaches locales.

Les législatives de 2017 constituent une rupture. La République en marche remporte six des dix circonscriptions et bouscule les appareils établis. Manuel Valls conserve de justesse son siège avant de quitter la politique française pour Barcelone. Nathalie Kosciusko-Morizet s’éloigne du département. Malek Boutih, député depuis 2012, se présente en dissident sans atteindre le second tour. Jérôme Guedj, ancien président du conseil général et député de 2012 à 2014, est éliminé avec 13,06 % des voix dans la sixième circonscription.

Amélie de Montchalin lui succède. Son arrivée est bien celle d’une nouvelle venue en politique, mais son parachutage mérite d’être nuancé : née à Lyon, sans mandat essonnien antérieur, elle appartient par sa mère à une famille d’agriculteurs implantée depuis plusieurs générations sur le plateau de Saclay et liée à Courtabœuf. Ces racines familiales ne constituent toutefois pas encore un ancrage électoral personnel.

Devenue ministre, elle subit en 2022 l’usure de la majorité présidentielle. Jérôme Guedj, candidat de l’union de la gauche, prend sa revanche avec 53,36 % des suffrages et retrouve l’Assemblée cinq ans après son élimination. Largement réélu en 2024, il démontre qu’une défaite peut interrompre une implantation sans l’effacer.

Les législatives anticipées de 2024 consacrent l’éclatement du paysage. L’Essonne élit Farida Amrani, Nathalie Da Conceição Carvalho, Steevy Gustave, Marie-Pierre Rixain, Paul Midy, Jérôme Guedj, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Julie Ozenne et Antoine Léaument. La France insoumise, le Parti socialiste, les écologistes, le bloc présidentiel et le Rassemblement national se partagent désormais les dix circonscriptions. L’époque où un seul parti pouvait en détenir les trois quarts paraît lointaine.

Dans la deuxième circonscription, la victoire de Nathalie Da Conceição Carvalho concrétise la progression de la droite nationale amorcée en 1986. Dans la troisième, Steevy Gustave bat le candidat du RN après le retrait républicain du député sortant Alexis Izard, arrivé troisième au premier tour. Son succès associe donc la poussée écologiste à un rassemblement de second tour contre le RN. L’élection de Julie Ozenne confirme que l’écologie peut désormais conquérir directement des sièges parlementaires. Claire Lejeune, née à Juvisy-sur-Orge, et Steevy Gustave, né à Arpajon, incarnent en outre une génération véritablement formée par le département.

La défaite de Nicolas Dupont-Aignan face à Bérenger Cernon est le symbole le plus saisissant de ce renouvellement. Après vingt-sept ans de mandat, le député sortant est pénalisé par le maintien au second tour de François Durovray, son ancien fils politique devenu adversaire. Avec plus de 22 % des suffrages, le président du conseil départemental divise l’électorat de droite dans une triangulaire décisive. Quelques semaines plus tard, son entrée au gouvernement confirme cependant une autre permanence : même fragmentée, l’Essonne continue de fournir des responsables nationaux

Les municipales des 15 et 22 mars 2026 offrent un contraste saisissant avec celles de 2020. Après un mandat commencé sous le signe du Covid, les maires sortants sont, dans leur grande majorité, récompensés.

L’étiquette nationale pèse moins que la visibilité du bilan, la présence de terrain et la capacité à réunir des équipes locales.

Parmi les succès les plus nets dans les villes importantes, Jean-Philippe Dugoin-Clément obtient 62,16 % dès le premier tour à Mennecy, Stéphane Beaudet 57,21 % à Évry-Courcouronnes et Frédéric Petitta 54,57 % à Sainte-Geneviève-des-Bois.

À Massy, Nicolas Samsoen l’emporte au second tour avec 55,21 %. Ces résultats confortables illustrent une prime au sortant, sans pour autant rétablir les anciennes fidélités partisanes.

Notons les scores impressionnants enregistrés par des élus sortants dans le sud-Essonne, à l’instar de Johann Mittelhauser à Angerville (82 %), Julien Garcia à Étréchy (79 %) ou Paolo de Carvalho à Dourdan (67 %) dès le premier tour, tandis qu’à Lardy, Rémi Lavenant l’emporte face à la liste sortante avec 67 % des suffrages.

Dans d’autres cas de figure, Virginie Perchet, à Bouray-sur-Juine, réussit à l’emporter face à un candidat à la tête d’une coalition issue des autres listes du premier tour, tandis qu’Anne-Marie Jourdanneau-Fort parvient à s’imposer dans une quadrangulaire à haut risque.

Quelques défaites d’ampleur sont symboliques : à Corbeil-Essonnes, le divers gauche Bruno Piriou, qui avait incarné l’alternance de 2020, est nettement battu au second tour par Samira Ketfi (divers droite), élue avec 59,98 % des voix. À Ris-Orangis, Stéphane Raffalli perd la mairie face à Sonia Benameur, victorieuse avec 49,44 % dans une triangulaire, mettant fin à 55 ans de suprématie à gauche.

À Étampes, le sortant Franck Marlin fait le combat de trop, n’obtient que 25,87 % au premier tour et se retire avant le second, permettant à son ex-adjoint devenu opposant, Gilles Bayart, de l’emporter néanmoins d’extrême justesse face au candidat de LFI, Mathieu Hillaire.

Le scrutin de 2026 confirme ainsi une règle essonnienne déjà ancienne : les sortants sont volontiers reconduits lorsqu’ils ont su maintenir un lien direct avec leur commune, mais aucune implantation, même réputée solide, n’est définitivement protégée.

En moins de soixante ans, l’Essonne est ainsi passée d’un département administratif aux contours encore incertains à un territoire politique pleinement constitué.Elle a connu les bastions rouges, le retour de la droite, l’âge socialiste, l’affirmation écologiste, la vague Macroniste et la percée du Rassemblement national. Elle a vu des candidats parachutés être rejetés, d’autres adoptés, puis parfois renversés après plusieurs décennies.

Elle a surtout appris à produire ses propres élus, nourris par ses communes, ses associations et ses combats locaux….

En Essonne, on peut arriver avec l’onction d’un parti, régner avec celle des urnes et repartir avec ses affiches sous le bras. C’est peut-être cela, au fond, sa maturité démocratique : elle sait adopter, elle sait remercier, et elle n’oublie jamais de garder la clé.